
Ile de la Réunion
Terre de de la légendaire
Vanille Bourbon.
Dans la grande famille des épices, la vanille tient
une place un peu à part.
La beauté de ses gousses, longues, noires et effilées,
son arôme délicat et la complexité de
sa culture en ont fait une plante mystérieuse et fascinante
que les hommes sévertuent à faire pousser
en dépit des aléas climatiques.
A environ 500 € le kilo, cette orchidée est en
passe de devenir une des épices les plus chères
qui soit.
A Saint-André, sur la côte est de lîle
de la Réunion, il nest guère difficile
de trouver la Maison de la Vanille. Lendroit est certes
bien indiqué mais surtout, il est un parfum subtil
et enivrant qui flotte ici dans lair et agit comme le
plus sûr des guides. Capiteuse, presque palpable, cette
odeur séchappant de centaines de gousses séchant
au soleil mène sans coup férir au domaine de
Floris, ancienne plantation réhabilitée par
un descendant de David de Floris, celui-là même
qui, en 1819, fut à lorigine dintroduction
de la vanille à lîle de la Réunion,
alors île Bourbon. Cétait le 26 juin 1819
exactement. Ce jour-là, le commandant Pierre-Henri
Philibert Marchand débarque sur lîle avec,
dans ses bagages, plusieurs plants de "Vanilla Planifolia"
en provenance du Muséum dHistoire Naturelle de
Paris. Une belle histoire commençait entre lîle
et la plante.
Originaire du Mexique, la vanille est déjà
utilisée depuis plus de deux siècles par les
Aztèques lorsque les conquistadors espagnols en apprécient
pour la première fois ses arômes. Appelée
« Tlilxochilt », elle est alors utilisée
pour parfumer le cacao, étrange breuvage composé
de miel, de farine de maïs et de piment réservé
aux dignitaires du pays. On raconte que lempereur Moctezuma
signa son arrêt de mort lorsquil en offrit un
bol à Cortés, le chef des conquistadors. Dans
ce seul présent, ce dernier trouva trois bonnes raisons
pour piller le pays : le cacao, la vanille mais aussi et surtout
lor et largent dont était fait le gobelet.
La vanille, mot dérivé de lespagnol «
vainilla » qui signifie gaine ou gousse, traversa tout
naturellement l'Atlantique avec les galions chargé
de cet or assassin. En 1516, la vanille est présente
sur la table de la cour d'Espagne. Elle apparaît en
1602 chez les Anglais où un certain Hugh Morgan, apothicaire
de la reine Elisabeth 1ère, l'utilise pour parfumer
des bonbons. En 1762, un médecin allemand, Bezaar Zimmerman
la déclare aphrodisiaque lui assurant dès lors
une renommée certaine. Elle arrive enfin en France
vers 1812 via la Guyane grâce à un jardinier
nommé Millier qui lutilise à des fins
purement ornementales. Devise de la Compagnie Françaises
des Indes Orientales "Je fleurirai partout où
je serai portée", la vanille débarque donc
en juin 1819 à la Réunion. Lidée
est alors de diversifier les ressources de l'île.
Malheureusement, la culture de la vanille est loin dêtre
simple. De la famille des orchidées, la vanille est
une liane dont les fleurs ont besoin dun insecte particulier
pour être fécondées. Et ledit insecte,
une abeille endémique du Mexique appelée Melipone,
est bien sûr resté au pays. Si la culture de
la plante nécessite juste un tuteur autour duquel la
liane puisse senrouler, la production de la vanille
est totalement dépendante de la fécondation
des fleurs. Inutile de dire que les débuts ressemblent
donc beaucoup à un échec. Et puis, en 1841,
miracle. Un certain Edmond Albius, esclave de son état,
découvre une technique d'insémination artificielle.
A laide dune épine en bois, il déchire
la membrane qui sépare les organes reproducteurs de
la fleur qui se féconde ainsi elle-même. La vanille
va alors devenir en quelques années l'or noir de la
Réunion (production record de 200 t en 1898) avant
d'être implantée dans tout l'Océan Indien.
En 1925, le gouverneur Merwart la choisie pour figurer dans
les armoiries de lîle.
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sur la vanille Bourbon
